Ebola : Kisangani officiellement touchée après la confirmation de quatre cas importés de l’Ituri
La ville de Kisangani est désormais officiellement considérée comme touchée par l’épidémie de la maladie à virus Ebola. L’annonce a été faite le 12 juillet par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, après la confirmation de quatre cas importés en provenance de la province de l’Ituri.
En mission à Kisangani, le ministre a précisé que les personnes contaminées avaient contracté le virus en Ituri avant d’être admises dans des structures de santé de la capitale provinciale de la Tshopo.
« Les quatre cas que nous avons sont des cas importés, qui sont tous venus de l’Ituri. Mais étant donné qu’ils se sont retrouvés dans la ville de Kisangani et qu’ils y sont pris en charge, nous considérons que la ville de Kisangani est touchée », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Trois zones de santé concernées
Selon la Division provinciale de la santé de la Tshopo, les quatre cas confirmés sont répartis dans les zones de santé de Makiso-Kisangani, Mangobo et Lubunga.
Le chef de la Division provinciale de la santé, le Dr Bienvenu Ikomo, fait également état de deux décès, de quarante cas suspects et de 129 personnes identifiées comme contacts.
Makiso-Kisangani concentre actuellement la situation la plus préoccupante avec deux cas confirmés, 18 cas suspects et les deux décès enregistrés. Les zones de Mangobo et de Lubunga comptent chacune un cas confirmé et demeurent sous surveillance sanitaire renforcée.
Les autorités craignent une propagation
Les services de santé redoutent désormais une transmission communautaire ainsi qu’une propagation au sein des établissements de santé dans les zones déjà affectées. Les territoires de Bafwasende et de Waniarukula, situés à proximité de Niania en Ituri, figurent également parmi les secteurs jugés à haut risque.
Au 10 juillet, 45 alertes avaient été enregistrées dans la province. Trente avaient déjà fait l’objet d’investigations, dont 25 considérées comme des cas suspects. Les échantillons prélevés ont été transmis aux laboratoires pour analyses.
Une riposte renforcée
Face à cette évolution, le ministère de la Santé annonce un renforcement des dispositifs de surveillance, du suivi des personnes contacts et de la prise en charge des malades afin d’interrompre les chaînes de transmission.
La position stratégique de Kisangani, connectée à plusieurs provinces par voies routières, fluviales et aériennes, accroît le risque de propagation de l’épidémie. Les équipes de riposte, appuyées par les partenaires techniques et financiers, restent mobilisées pour contenir la maladie.
Les autorités sanitaires invitent enfin la population à collaborer avec les équipes déployées sur le terrain. Toute personne présentant des symptômes évocateurs d’Ebola, notamment une forte fièvre, des vomissements ou des diarrhées, est appelée à consulter rapidement une structure de santé afin de bénéficier d’une prise en charge précoce.