Sud-Kivu : plus de 50 morts en trois mois dans des naufrages sur la rivière Ulindi
Le territoire de Shabunda, dans la province du Sud-Kivu, est confronté à une série de naufrages meurtriers sur la rivière Ulindi. Selon la société civile locale, plus de 50 personnes ont perdu la vie au cours des trois derniers mois, tandis que plusieurs autres demeurent portées disparues.
Les forces vives de la région attribuent cette recrudescence des accidents à l’utilisation d’embarcations de fortune, souvent vétustes, surchargées et dépourvues des normes élémentaires de sécurité pour le transport des passagers.
Le député provincial élu de Shabunda, Chadrack Muganza, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme. Il rappelle notamment le naufrage survenu le 2 juillet dernier sur la rivière Ulindi, qui a coûté la vie à au moins 23 personnes. L’accident a également provoqué la perte de nombreuses marchandises ainsi que de produits miniers transportés à bord.
L’élu déplore l’absence de contrôle des activités fluviales et dénonce le manque d’enquêtes après ces drames à répétition.
« Après ce naufrage, on constate qu’il n’y a pas de manifeste et que l’embarquement n’est pas correctement coordonné. Je recommande l’ouverture d’enquêtes sur tous les naufrages déjà enregistrés dans le territoire de Shabunda et l’identification de toutes les embarcations opérant sur les principales rivières », a-t-il déclaré.
Au-delà des enquêtes, Chadrack Muganza appelle les autorités provinciales à établir des statistiques détaillées des victimes enregistrées en 2025 et 2026. Il plaide également pour l’interpellation des responsables administratifs locaux ainsi que des exploitants d’embarcations afin de vérifier la légalité des autorisations de navigation.
Véritable voie de communication pour plusieurs localités enclavées du Sud-Kivu, la rivière Ulindi reste indispensable aux échanges commerciaux et au transport des populations. Cependant, le manque de réglementation, l’état des embarcations et l’absence de contrôle continuent d’exposer quotidiennement les usagers à des risques majeurs.