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RDC : le Conseil national de cyberdéfense accusé d’outrepasser ses pouvoirs

By on April 15, 2026 0 11 Views

En République démocratique du Congo (RDC), les accusations d’arrestations arbitraires visant des opposants politiques, des activistes et des défenseurs des droits humains suscitent de nouvelles inquiétudes. Au centre de plusieurs témoignages figure le Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service rattaché à la présidence de la République, aujourd’hui accusé par des organisations de défense des droits humains d’outrepasser ses missions.

Créé en 2023 par ordonnance présidentielle, le CNC a notamment pour mission de coordonner les services chargés de la cyberdéfense et du cyberrenseignement. Pourtant, Human Rights Watch (HRW) l’accuse d’avoir étendu ses activités bien au-delà de ce mandat, en procédant notamment à des arrestations, des interrogatoires et des détentions en dehors des procédures judiciaires normales.

Dans un rapport publié en mars 2026, HRW affirme avoir documenté 17 cas de disparitions forcées ou de personnes portées disparues au cours de l’année précédente. Certaines auraient été retrouvées plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard dans des lieux de détention liés au CNC.

Parmi les personnes concernées figureraient des opposants politiques, des activistes et des défenseurs des droits humains, mais aussi des personnes ayant critiqué le gouvernement ou soupçonnées de soutenir l’ancien président Joseph Kabila ou l’AFC/M23.

Ces accusations renforcent les préoccupations autour des arrestations arbitraires en RDC, notamment les arrestations arbitraires de défenseurs des droits humains. Selon les témoignages recueillis par HRW, certaines personnes auraient été détenues pendant des semaines, voire des mois, sans accès normal à un avocat ou à leur famille. Des proches auraient également tenté, sans succès, de retrouver des membres de leur famille dans différents lieux de détention.

Human Rights Watch a de nouveau dénoncé une répression croissante des voix critiques en RDC et accusé le CNC, aux côtés d’autres services de sécurité, de procéder à des arrestations et détentions arbitraires.

Ces pratiques présumées soulèvent une question essentielle : le CNC est-il en train d’outrepasser les pouvoirs qui lui ont été confiés ? Initialement chargé de la cyberdéfense et du cyberrenseignement, son implication présumée dans des arrestations et des détentions interroge sur les limites de ses compétences légales.

Les préoccupations concernant les arrestations arbitraires ne sont toutefois pas nouvelles en RDC. Avant même la création du CNC, des organisations de défense des droits humains avaient déjà documenté des cas impliquant différents services de sécurité et de renseignement, visant notamment des journalistes, des activistes, des défenseurs des droits humains et des membres de l’opposition.

Pour Human Rights Watch, les autorités congolaises doivent enquêter sur ces pratiques et garantir que toute personne arrêtée bénéficie des droits prévus par la loi : connaître les accusations portées contre elle, avoir accès à un avocat et être présentée devant les autorités judiciaires compétentes.

La lutte contre les menaces sécuritaires ne devrait pas conduire à la banalisation des arrestations arbitraires, des détentions au secret ou des disparitions forcées. Le respect des libertés fondamentales et des procédures judiciaires reste essentiel au fonctionnement de l’État de droit en République démocratique du Congo.

Par Henoc Muteba

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